tribunal2-1024x800

Les femmes doivent-elles toujours se justifier ?

Plusieurs petites scènes qui se sont produites depuis le début d’année me poussent à écrire cet article.

Il y a quelque temps encore, elles me paraissaient normales puisque elles ne m’interpellaient pas, ayant eu moi aussi le même type de réaction. Mais aujourd’hui elles suscitent chez moi une envie de faire une forme de mise au point.

Je parle de toutes les femmes, celles qui sont toute en rondeur comme moi-même et comble de l’ironie, même celles qui sont minces aussi.

Au moins 80 % d’entre elles passent leur temps à se justifier pour ne pas avoir fait de régime l’année passée, se culpabilisent d’avoir osé prendre 2 ou 3 kilos, et terminent indubitablement par la fameuse phrase, mille fois répétée : « cette année je m’occupe de ma silhouette ».

Et comme elles n’ont pas de ma part, l’écho tant attendu et qu’elles ne l’auront d’ailleurs plus « moi aussi tu sais, cette année c’est décidé je me prends en main » alors la conversation peut explorer d’autres sujets mille fois plus intéressants. La culture, l’actualité, les études des enfants, leur nouveau projet professionnel etc etc…

Avec compassion, je me suis remise à leur place, oui remise puisque j’ai été dans cette prison mentale, celle du clonage corporel.
Quelque part avec conscience ou inconscience à travers cette justification quasi permanente, elles envoient deux messages.

« J’ai des kilos en trop parce que l’année dernière j’ai manqué de volonté, mais cette année je vais régler ce problème ».

« Et à travers ce que je t’exprime, je veux te faire adhérer à ma cause, en te faisant comprendre que toi aussi tu as des kilos en trop, tu dois faire quelque chose ».

J’ai eu envie de prendre un micro et de leur crier « Arrêtez de vous justifier, arrêtez de croire que votre vie tourne autour d’un régime amincissant, arrêtez de vous dire que vous n’avez pas de volonté. Regardez ce que vous accomplissez tous les jours dans votre quotidien et surtout, au risque de vous décevoir sachez que ça ne fait plus partie de mes activités de prédilection ».

Personnellement je ne lance plus de sujets sur les régimes, sur le dernier produit miracle que telle personne vend en réunion qui fait descendre la balance en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ne prend pas part aux conversations s’y rapportant, et je ne m’exprime plus sur la perte ou la prise de poids de mes amies. (Soi dite en passant les variations de poids peuvent être dues à une maladie grave). J’ai la décence de me taire. J’écoute c’est tout. Et vous l’aurez compris il est hors de question que j’énonce dans mes résolutions que je vais entamer une quelconque cure d’amaigrissement. J’ai bien d’autres défis à relever tout comme vous mesdames.

De plus le cerveau est spectaculaire, plus vous faites des grands effets d’annonce sur une perte de poids à venir, moins vous y arriverez, c’est réglé comme du papier à musique. Votre mental se mettra en mode défense et vous mettra des bâtons dans les roues. Il y aura des blocages et vous serez déçue de voir qu’avec tant de restrictions, que le chiffre de votre pèse personne dernier cri (calcul masse grasse etc…) ne baisse pas à la hauteur de vos efforts.

C’est normal vous avez provoqué monsieur le cerveau, bon sang de bonsoir  !   On vous l’a déjà dit,  il n’aime pas les régimes.

Loin de moi l’idée de vous interdire de faire votre diète mesdames, au contraire ! Mais faites le sans l’annoncer, sans devoir vous justifier devant le tout public, vous n’êtes pas devant un tribunal du poids, à part celui que vous vous êtes créé mentalement.

A force de ne plus en parler vous vous mettrez moins la pression et par conséquent votre action sera plus porteuse et puis si ce ne marche pas et bien vous n’aurez pas à vous justifier encore une fois devant le « jury de la taille parfaite ».

Sommes-nous réduites à devoir se justifier notre vie entière sur la norme que nous n’avons pas pu atteindre ? Libre à celles qui veulent fonctionner comme cela de continuer, mais, ça sera sans moi  !

J’attends avec impatience vos réactions. A très bientôt.

Magali.